Les stades de football vont-ils devenir des safe spaces ?

Dimanche dernier, le match entre l’AS Saint-Etienne et l’Olympique lyonnais a été une nouvelle preuve de la difficulté du pays à saisir la dimension anthropologique du football. Les réactions outrées des commentateurs face au déploiement d’un tifo dans les tribunes stéphanoises et à ce qu’on appellera par facilité « l’affaire Fekir » s’expliquent par leur incapacité à cerner le seuil de tolérance à la violence dans la sphère du football.

L’opposition entre « Sainté » et Lyon est la seule en première division, avec Nice-Monaco, à mériter véritablement l’appellation de « derby », dans la mesure où elle met aux prises deux villes issues de la même région et séparées de moins de 60 kilomètres. Ces rencontres donnent toujours lieu à des matches tendus, la rivalité entre foréziens et rhodaniens étant forte et historiquement ancrée dans les mentalités collectives.

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Paris tu es magique et tragique, et c’est pour ça que nous t’aimons

Jeudi matin, lendemain de tragédie. La nuit, tourmentée, s’achève. Au réveil, la première image traversant mon esprit est le coup de patte de Sergi Roberto. Le but du 6-1. Celui de la mise à mort. Embrumé, hagard, je me trouve dans un état de confusion intense. Sonné, j’erre sans logique dans mon appartement. Seul, face à mon ordinateur, il me faut une bonne heure pour péniblement me mettre à travailler. Impossibilité de la pensée logique. Torture de l’ordonnancement des idées. Triste et abasourdi, j’écoute du Chopin. Le flot des notes de piano nourrit mon âme et berce mon coeur d’une mélancolie dangereuse mais réconfortante. Essayer de penser. Pour essayer de comprendre. Mettre des mots sur le désarroi. Sur la confusion. Le traumatisme.

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Henry ou la marque inachevée

L’un des plus grands attaquants de l’Histoire du football (411 buts mais aussi 235 passes décisives en 917 matchs joués), meilleur buteur de tous les temps en équipe de France (51 buts en 123 sélections) et meilleur buteur d’Arsenal (228 buts pour les Gunners, un toutes les 122 minutes), a officiellement pris sa retraite.

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Joueur complet au talent exceptionnel, doté d’une palette technique peu commune pour un attaquant, doublée d’une excellente vision de jeu et d’une classe indéniable balle au pied, Thierry Henry était également ce joueur possédant une forte connaissance de son sport en général (fait assez rare à une époque où les joueurs de football manquent justement de « culture foot »). Homme intelligent, calme et réfléchi, très bon analyste tactique, il se signalait en outre par son sens du perfectionnisme et sa culture de l’effort. Le génie n’existe pas, seul l’entraînement permet de devenir un grand joueur, avait-il en substance coutume de dire.

Cependant, Thierry Henry comporte une part d’ombre, tout du moins véhicule-t-il, peut-être malgré lui, l’image d’une identité inachevée, d’un caractère inabouti, d’une personnalité indéfinie.

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La Coupe du Monde, miroir des Hommes ?

Une Coupe du monde et tout s’emballe. Sport, politique, économie, culture et société. Depuis un mois, l’actualité au sens large vit dans la foulée du Mondial. Celui-ci dicte les agendas des médias, dans tous les domaines et sous toute ses formes, sous la plume d’experts et d’amateurs, sous le regard de passionnés et de détracteurs. Objet global et multiple, le football offre un prisme d’analyse infini du monde contemporain. Il reflète les rapports de force qui le façonnent, identifie les groupes sociaux qui l’habitent et les enjeux qui le traversent. Sur bien des aspects, les acteurs de cette Coupe du monde rappellent que le football est un fait social totalisant. En vrac, petite revue volontairement désordonnée et stéréotypée de tout ce que le football évoque à cet instant T.

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Incidents du Trocadéro : quelles conséquences en terme d’image ?

La communication se nourrit de symboles pour donner un sens au récit qu’elle veut proposer à ses cibles. Lorsqu’une entité entend communiquer autour d’un objet, elle élabore un ensemble de messages et d’arguments qui, bien ordonnés, doivent servir à transmettre un message, à le fluidifier et à en donner de l’épaisseur. Lundi 13 mai, à 18h30, le club du Paris Saint-Germain entendait communiquer au sujet de la remise de son trophée de champion de France. Le récit qu’il entendait raconter était celui du premier titre de champion glané depuis dix-neuf ans, en l’inscrivant dans une imagerie parisienne de prestige, de chic et de ferveur populaire. Ce récit a été perturbé par des bruits extérieurs. En l’occurrence, l’intervention au cours de l’événement de ceux qu’on appellera les « casseurs » a chamboulé momentanément la communication et l’image de l’entité PSG, et plus généralement de l’ensemble des acteurs ayant plus ou moins pris part à cet évènement.

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David Beckham, le joueur-marque

On l’avait un peu oublié, pour ainsi dire on l’avait rangé dans la case « transferts avortés/histoire ancienne ». Et puis jeudi matin, un frémissement trépidant s’est fait sentir dans la capitale. Les médias bruissaient d’une rumeur nouvelle qui se transforma bien vite en information certaine : David Beckham était à l’hôpital de la Pitié-Salpétrière pour passer une visite médicale, et allait être présenté en tant que nouveau joueur du PSG dans l’après-midi. Lorsqu’en décembre 2011, le directeur sportif du club Leonardo évoquait ce qui était déjà une rumeur à l’époque, il parlait du joueur anglais en ces termes : « Beckham, c’est plus qu’un joueur, c’est une marque ». Alors, quelles caractéristiques la marque Beckham revêt-elle et quelles conséquences aura-t-elle sur l’image du Paris Saint-Germain ?

L’arrivée du Spice Boy dans le club de la capitale s’analyse sous le double prisme du sportif et du marketing.

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Affaire M’Vila : et si le problème, c’était la FFF ?

L’épisode s’est transformé en psychodrame dans le petit monde médiatico-sportif. Les joueurs de l’équipe de France espoirs, coupables d’une virée à Paris à trois jours d’un match décisif pour la qualification à l’Euro, ont tous écopés de lourdes sanctions de la part des instances dirigeantes du football français. Avec, en fer de lance, le joueur du Stade Rennais Yann M’Vila, déjà sujet à des sanctions disciplinaires ces derniers temps. Le milieu de terrain a donc été suspendu d’équipe nationale pour vingt mois. Il ne pourra par conséquent, au mieux, pas rejouer avant l’été 2014. Et sera donc privé de la Coupe du Monde qui se disputera au Brésil cette année-là.

Si la décision, inédite par son ampleur et sa sévérité, avait pour but de susciter le débat, c’est réussi. Si elle avait pour intention d’asseoir l’autorité de la Fédération française de football (FFF) et de clarifier son fonctionnement, c’est raté.

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