PSG: alors ce logo, « go » ou « no go »?

Nous vous parlions en début de saison des évolutions des maillots des clubs de football, saison après saison. Tout comme eux, les emblèmes, écussons ou blasons changent, à un rythme certes bien moins régulier.

Aujourd’hui, c’est l’emblème du Paris Saint-Germain qui vient de subir un lifting. Annoncé depuis quelques mois, le changement a été officiellement confirmé et entériné. Il prendra effet à partir de la saison prochaine. La forme est toujours ronde, la Tour Eiffel est bien là, le rouge et le bleu, couleurs de la Ville de Paris, sont encore bien présents. Les nouveautés sont pourtant conséquentes. Trois, surtout, apparaissent majeures et porteuses de sens. Brève analyse de la nouvelle identité visuelle du PSG.

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Ici c’est Paris

La première chose qui saute aux yeux à la vue du nouveau blason du PSG, c’est la prédominance du mot « PARIS », inscrit sur le haut du cercle. Le reste du nom du club, « Saint-Germain », est relégué au bas du blason, en caractère beaucoup plus petit.

Ici, le message est clair. On entend mettre en avant le nom de la capitale du pays, première destination touristique internationale. Le PSG, ce n’est pas le club de Paris et de Saint-Germain-en-Laye. Non, le PSG, sur cet emblème, est entendu comme le club de Paris, puis de Saint-Germain dans un deuxième temps.

Cette mise en valeur très claire de ces cinq lettres « capitales » est renforcée par l’exacerbation d’un deuxième élément. Le PSG capitalise sur son identité parisienne en plaçant la Tour Eiffel encore plus au centre que dans les précédentes versions du blason. L’un des monuments les plus célèbres au monde, présent dans l’inconscient collectif comme symbole de la ville, voire de la France, se voit offrir une place de choix. Arrondie, tout en gardant la même forme stylisée qu’auparavant, la tour métallique s’apparente à un cœur rougeoyant donnant sa dynamique au blason tout entier.

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Ô Ville Lumière

Si cet élément central a été conservé, un autre, très symbolique, a disparu. Le berceau de Louis XIV, natif de la ville de Saint-Germain-en-Laye, n’est plus abrité par la Tour Eiffel. Cela met à distance la « deuxième » ville dans l’organisation du blason. Cependant, Saint-Germain n’a pas pour autant été supprimée de la composition. Elle a même, en fait, été réévaluée. La fleur de lys en effet, déjà présente au-dessus du berceau dans le précédent blason et emblème de la ville, occupe maintenant toute la place laissée sous la Tour Eiffel. Plus encore, le symbole de la monarchie est désormais doré, et illumine le socle de la structure.

C’est là la deuxième nouveauté majeure de ce nouvel habillage héraldique. Pour une marque désirant continuer son expansion à l’international, recourir  à des éléments à la signification confuse relève d’une mauvaise idée. La communication s’appuie sur des axes signifiants, langagiers ou visuels. Ceux-ci, pour être performatifs, doivent être communément admis et parler à la majorité des cibles visées par le message. Si la communication repose sur des éléments peu clairs, elle crée elle-même son propre bruit et prend le risque de ne pas atteindre son récepteur. L’épuration et la simplification de l’image permettent d’éviter les éléments perturbateurs et facilitent la transmission du message.

Le berceau du Grand roi, dont la présence était déjà peu comprise en France, apparaît incompréhensible pour un étranger. Déjà revalorisée par une fleur de lys sublimée et mondialement célèbre, la symbolique du pouvoir monarchique et historique n’a pas besoin d’un élément « confusant » pour s’exprimer.

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Cachez cette jeunesse

Cette inscription dans la tradition est renforcée par le troisième et dernier changement principal sur ce nouveau blason. La date de fondation du PSG, 1970, mentionnée avant au bas du cercle, est supprimée. C’est à sa place que « Saint-Germain » est inscrit. Jean-Claude Blanc, directeur administratif  du club, a justifié cette décision en comparant le caractère très récent de cette date de fondation à celui apparaissant chez les clubs du gotha européen, que le PSG entend intégrer : « Elle ne tient pas la comparaison avec d’autres grands clubs européens, qui ont plutôt 1800 au début de leur date. » Cela fait sens. Le PSG s’ancre fortement dans l’Histoire parce qu’il est l’étendard d’une ville millénaire, pas parce qu’il a lui-même été fondé il y a seulement quarante ans. Le PSG s’inscrit dans la continuité du développement de la Ville, mieux, il l’exacerbe.

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Une évolution logique

Finalement, cette évolution de l’emblème du club détenu par le fond d’investissement sportif du Qatar s’inscrit dans une démarche logique. Une mise en avant des éléments les plus signifiants de la ville du club (et non du club de la ville), une revalorisation des couleurs constitutives (le bleu roi, le rouge éclatant, les liserés blancs chers aux supporters), un appui sur les fondamentaux du travail de l’image (modernisation de la typologie, simplicité des formes, clarté de la composition).

Un parti-pris ayant pour but de marquer une nouvelle étape dans l’expansion du club sur la scène nationale et internationale en tant qu’entité sportive régie par des impératifs de marque. Il est intéressant de noter, dans cette optique, la nouvelle terminologie utilisée pour désigner l’emblème d’un club. On parle désormais de « logo », rehaussé éventuellement d’une « signature ». Des termes purement marketing, entérinant le fait que les clubs sont des marques. Entreprises insérées dans leur environnement économique, politique et social, les clubs ont recours aux même logiques d’appropriation symbolique et de transmission de message que les autres entités économiques.

Alors, autant nous avions été très sceptiques par le parti pris créatif du maillot de la saison en cours, car il nous semblait peu en phase avec l’histoire du club et peu intéressant, autant ce changement de « logo » nous apparaît comme une évolution réussie. Risqué, car objet de toutes les attentions, ce pari a été maîtrisé et mené à bien par le PSG. C’est important, car engageant.

« Go ».

Crédits photos: PSG ; L’Internaute ; toureiffel.blogspot

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