L’affiche de Roland-Garros 2012, vent de fraîcheur ou faute de goût?

D’habitude, les affiches successives des éditions du tournoi parisien s’inscrivent dans un univers assez similaire d’une année à l’autre. La terre battue est généralement mise à l’honneur et la charte graphique se révèle plutôt épurée.

                 

Cette année, les organisateurs de la compétition ont décidé de confier la réalisation de l’affiche à l’artiste « figuratif » français Hervé Di Rosa. Elle représente des visages ronds, jaunes et cyclopes, pourvus de grosses lèvres charnues et arborants une expression hagarde. Ils regardent passer une balle de tennis au sourire bravache et carnassier qui traîne dans son sillage les chiffres « 2012 ». Les mots « Roland » et « Garros » inscrits en grosses lettres baveuses barrent le haut et le bas du print. Le tout dans un environnement coloré à l’extrême.

Un rendu fluo et criard qui n’a pas grand chose à voir avec l’image chic et sportive associée habituellement à Roland-Garros.

Et la réception de l’affiche à son annonce fin mars à été pour le moins mitigée sur la toile. Au moment où la Quinzaine axe pour la première fois sa communication sur le digital, un petit bad buzz n’a pas tardé à frémir sur Twitter.

Si le parti-pris créatif de l’affiche semble répondre à une volonté légitime de modernisation de l’image du tournoi, on peut se demander s’il va dans la bonne direction. Certes, un virage créatif avait été pris l’année dernière, le tournoi étant représenté par un arbre aux fleurs couleur pastel en forme de balles de tennis:

Mais quand même ma bonne dame! Une marque ayant pour ambition de se renouveler est toujours tiraillée entre nécessaire disruption avec son positionnement habituel et respect de ses valeurs d’origine. Ces valeurs doivent en effet servir de source d’inspiration pour le renouvellement stratégique et de garant de l’identité de marque.

Ici, on ne comprend en fait pas très bien le rapport avec le tournoi parisien. Seule la très présente balle jaune au milieu de l’affiche sert de référence au tennis. Jeu, fête, convivialité, sourire. Voilà à quoi font penser cette bouille rieuse, mise en scène de la sorte car elle serait le coeur du jeu de tennis selon le peintre. « C’est elle que l’on suit, plus que les joueurs. » Un insight intéressant, c’est vrai.

Le problème, outre même la réalisation graphique particulière qu’on peut ne pas apprécier (« je suis pas à l’aise, tu vois ») mais qui somme toute est affaire de goût, c’est que ce print pourrait être celui de n’importe quel tournoi de tennis. Aucune référence n’est faite à la spécificité de Roland-Garros, ni en reprenant un de ses éléments matériels et environnementaux propres, ni en capitalisant sur l’une de ses caractéristiques de marque. Ce n’est pas l’affiche de la Fédération, mais celle d’un tournoi dont elle doit être l’image pendant une très courte période de deux semaines. Elle doit être un instantané de l’évènement, un reflet indiquant l’ensemble des valeurs et des caractéristiques de la marque.

Là, on dit qu’on ne voit pas le rapport.

Crédits photos: FFT

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