PSG, j’ai quelque chose à te dire…

Salut mon PSG.

Il y a deux ans, je t’écrivais une lettre pour t’exprimer combien malgré tous les tracas que tu pouvais engendrer, toutes les désillusions que tu provoquais, tous les lendemains qui déchantaient après les soirées d’espoir, je continuais à t’aimer. Justement parce que ce que je trouve beau chez toi, c’est cette capacité que tu as d’être à la fois « tragique et magique ».

Cependant aujourd’hui PSG, cette double facette, que tu es peut-être le seul club au monde à posséder, me pèse. Je suis amer. Lassé et fatigué. Un peu énervé aussi. Beaucoup en fait. Te supporter me coûte. M’abîme un peu en-dedans. Me ronge. Tu es désespérant.

N’apprends donc tu rien de tes erreurs passées ? De tes faiblesses répétées, de tes moments d’égarement, de tes habitudes infernales ? Toutes ces promesses qu’on s’était faites après Barcelone, toutes ces fois où on s’est dit « plus jamais ça » n’étaient-elles que des mots lancés en l’air ? Je pensais pourtant que cette fois-ci, tu avais appris. Vraiment appris. D’ailleurs tu me le montrais depuis le début de la saison. Un état d’esprit retrouvé, une souplesse tactique nouvelle, du beau jeu pratiqué, entraînant et enthousiasmant.

Après le match aller à Manchester il y a trois semaines, un de tes joueurs avait affirmé face au micro qu’il fallait « arrêter de vendre la peur ». Cette phrase, elle était forte. Elle semblait marquer un tournant, valider la prise de conscience de tout un club. Ce soir-là, PSG, tu m’avais impressionné. Je te regardais avec des yeux fiers et enamourés, et je me disais : « que tu es beau, PSG ». Cette fois-ci, mon club avait réellement passé un cap. Du moins était-il clairement sur la voie des grands d’Europe.

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Pendant ces trois semaines, PSG, j’attendais le match retour avec impatience et excitation. On allait montrer à l’Europe que les vieux démons étaient enterrés. Et puis, je dois bien l’avouer, une petite musique a commencé à résonner en moi. Celle de tout supporter du PSG qui connaît notre histoire et qui sait qu’à tout moment, tu peux faire défaut. Qu’à tout moment, tu peux créer les conditions pour réussir l’impossible, le pire comme le meilleur. On y revient. Mais rapidement me disais-je aussi, c’était là la voix du pessimisme qui voulait se faire entendre, une voix du passé, irrationnelle et révolue. Je décidais de la réprimer et m’efforçais d’être optimiste.

Et finalement, PSG, c’est arrivé. Une fois de plus. Tu as réuni les conditions pour donner corps à  l’impossible. La qualification te tendait les bras, tu n’as même pas essayé de l’attraper. Tu t’es tiré une balle dans le pied tout seul. Tu t’es autodétruit. C’est tellement toi. C’est tellement nous. En ayant à ce point peur de gagner, tu as créé seul les conditions de ton annihilation. De la nôtre, en fait, car tu sais bien que nous sommes liés. Aujourd’hui PSG, je me sens humilié, trahi, trompé par toi.

Au romantisme baudelairien qui aime unir la beauté à la tristesse, l’incandescence passionnelle à la mélancolie, tu laisses désormais la place dans mon coeur à la colère et à l’épuisement. Pour retrouver de l’allant et de l’énergie, pour renouveler l’alchimie qui nous unissait, il va falloir me montrer que tu as compris tes fautes par des actes. Forts et implacables. Cela va demander du temps. Et des preuves. Les fameuses preuves d’amour.

A mesure que je finis d’écrire ces lignes, je m’aperçois aussi que loin d’être éteint, l’amour que j’ai pour toi, certes secoué, certes abîmé, continue néanmoins à chauffer mon coeur. Car dans tous ces ténébreux tumultes, malgré ces humiliations répétées, tu sais, ô terrible ironie, que tu pourras compter sur moi pour t’accompagner. C’est la vie d’un supporter qui a décidé de lier son destin au tien. Car je n’arriverai jamais à me détacher de toi.

Vidéo : le risque de se mettre hors-jeu

La Ligue nationale de football professionnel l’a officialisé : l’arbitrage avec assistance vidéo sera lancé l’année prochaine sur les terrains des matches de première division française. Un serpent de mer depuis quelques années, qui deviendra donc réalité au plus haut niveau. L’opposition sur la vidéo dans l’arbitrage du football est devenue depuis une petite dizaine d’années un point de clivage structurant entre les différents acteurs de ce sport. Chacune de ses parties prenantes possède un avis, généralement tranché, sur la question. Le différend façonne les échanges et esquisse les enjeux du football de demain. La technologie contre la tradition, la machine face à l’humain, les anciens versus les modernes.

A l’heure où de nombreux débats se développent légitimement autour de la question de l’efficacité technique d’un tel dispositif, une autre question doit être posée, celle de l’authenticité. Car au-delà de savoir si la vidéo permettra de diminuer les erreurs d’arbitrage et constituera un réducteur d’incertitude, il faut s’interroger sur ce qu’elle induit en terme d’identité du football. Le postulat de cet article est clair : en modifiant la cognition d’un sport, on en modifie l’identité.

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Les stades de football vont-ils devenir des safe spaces ?

Dimanche dernier, le match entre l’AS Saint-Etienne et l’Olympique lyonnais a été une nouvelle preuve de la difficulté du pays à saisir la dimension anthropologique du football. Les réactions outrées des commentateurs face au déploiement d’un tifo dans les tribunes stéphanoises et à ce qu’on appellera par facilité « l’affaire Fekir » s’expliquent par leur incapacité à cerner le seuil de tolérance à la violence dans la sphère du football.

L’opposition entre « Sainté » et Lyon est la seule en première division, avec Nice-Monaco, à mériter véritablement l’appellation de « derby », dans la mesure où elle met aux prises deux villes issues de la même région et séparées de moins de 60 kilomètres. Ces rencontres donnent toujours lieu à des matches tendus, la rivalité entre foréziens et rhodaniens étant forte et historiquement ancrée dans les mentalités collectives.

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Neymar au PSG, le transfert qui redistribue le jeu

C’est l’histoire d’un transfert qui a tout changé. Si l’expression «… du siècle » est souvent galvaudée et employée de manière excessive, force est de constater que celle-ci s’applique parfaitement au transfert du Brésilien Neymar au Paris Saint-Germain. Ce mouvement relève en effet de ressorts inédits et recouvre une ampleur inégalée. C’est bel et bien un événement, à savoir un fait unique et sans précédent. A plus d’un titre.

Paris Saint-Germain F.C. - Neymar Jr Press Conference

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Paris tu es magique et tragique, et c’est pour ça que nous t’aimons

Jeudi matin, lendemain de tragédie. La nuit, tourmentée, s’achève. Au réveil, la première image traversant mon esprit est le coup de patte de Sergi Roberto. Le but du 6-1. Celui de la mise à mort. Embrumé, hagard, je me trouve dans un état de confusion intense. Sonné, j’erre sans logique dans mon appartement. Seul, face à mon ordinateur, il me faut une bonne heure pour péniblement me mettre à travailler. Impossibilité de la pensée logique. Torture de l’ordonnancement des idées. Triste et abasourdi, j’écoute du Chopin. Le flot des notes de piano nourrit mon âme et berce mon coeur d’une mélancolie dangereuse mais réconfortante. Essayer de penser. Pour essayer de comprendre. Mettre des mots sur le désarroi. Sur la confusion. Le traumatisme.

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Chelsea : Mourinho, quand le génie se caricature

José Mourinho va mal. Et avec lui, c’est tout le club de Chelsea, club qu’il a pourtant aidé à grandir au milieu des années 2000, qui vacille. Expulsé samedi en cours de match, repris par la Football Association (FA) pour ses mauvais comportements successifs, l’entraîneur portugais semble se trouver a un moment charnière de sa carrière. Ce qui a fait de lui l’homme public que l’on connaît paraît tanguer au gré de ses emportements répétés. Jusqu’à l’implosion ?

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Lyon : quand l’institution perd pied

Après une saison passée ponctuée par une deuxième place et un retour en Ligue des champions, l’Olympique Lyonnais connaît un début de saison tourmenté. Club habituellement loué pour la qualité de son management, il est actuellement traversé de soubresauts inhabituels. Alors que les résultats sportifs ne sont pas au rendez-vous, les turbulences en interne interrogent.

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